dimanche 28 décembre 2008

Histoire de l'art martial : Gongfu et spiritualité


Comme nous l'avons vu précédemment (voir "Histoire de l'art martial : les techniques du souffle vital"), le rapprochement entre l'art du combat à main nu et les différents courants religieux chinois eurent lieu pour différentes raisons : Historiques, politiques, culturelles et ... pratique !

Les personnes qui maitrisaient les arcanes de l'art guerrier en Chine furent, tout d'abord, des militaires. Puis, en réponse aux différentes invasions qui occupèrent le territoire pendant des siècles, cet art guerrier se retrouva dans les campagnes et les monastères et une transmission commença à s'y développer. De plus, la tradition chinoise antique, associée aux pratiques du taoïsme primitif, s'y mela tant dans la théorie que dans la pratique. Ce qui ammena probablement une autre façon de pratiquer, en accord avec les principes de conservation et de développement du souffle vital.

Les deux courants majeurs de la spiritualité en Chine, que sont taoïsme et bouddhisme, furent associés à la pratique de l'art martial assez tôt dans l'histoire de la Chine pour des raisons politiques : Différents monastères virent leurs moines être intégré à des troupes militaires afin d'en renforcer les effectifs. Ces moines participèrent donc à des batailles historiques en tant que soldat des troupes régulières. Les plus sollicités dans l'histoire furent, sans doute, les moines de Shaolin qui participèrent, dès le 7ème siècle de notre ère, à la vie politique et militaire de l'empire. Une faction de moine aida alors le futur empereur des Tang, Li shiming, à vaincre le rebel de la dynastie Song, Wang shizhong. Ils prirent d'assault un fort dans lequel s'était réfugié le neveu de Wang shichong et ses hommes, puis le livrèrent à Li shiming. Un stèle fut officiellement érigé au monastère en 728 pour rappeler ce fait et le monastère reçut, à partir de ce moment, un traitement de faveur impérial (fonds versé par l'empire). Cette stèle identifie, de plus, treize moines, qui furent distingués en héro et reçurent des titres impériaux dont celui de général en chef pour l'un d'entre eux.




Les moines de Wutaishan, dans le Shanxi, furent également intégrés l'armée impériale en 1126 à Taiyuan



Mais, si l'histoire du monastère de Shaolin fut associé à l'hitoire militaire dès le 7ème siècle, la pratique de l'art militaire n'y apparu probablement que beaucoup plus tard. L'époque ou le monastère devint un véritable "centre d'entrainement militaire" se situant plutot au 17è siècle.

"L'exposé sur la méthode originel du baton de shaolin" (shaolin gunfa chan zong) est le plus ancien manuel existant sur l'art de Shaolin (1610). Cheng zongyou, son auteur, fut un lettré passionné d'art militaire qui laissa à la postérité, en plus de ce manuel, un traité sur l'archerie ainsi qu'un traité sur l'utilisation de la lance, de l'épée et de l'arbalète. Sa connaissance de l'art du baton de shaolin était fondé sur sa propre expérience : il aurait séjourné au monastère pendant dix années à une époque où les frontière de l'empire Ming subissaient régulièrement les assaults des peuples des steppes du Nord. Dans cet ouvrage, on apprend que le monastère enseigne, à cette période, la doctrine bouddhiste et le baton conjointement. Pour décrire la maîtrise de l'art du baton, Cheng zongyou utilise un vocabulaire teinté de spiritualité :

"Si mon livre peut servir de radeau à des camarades ayant les mêmes vues que moi pour leur permettre d'atteindre l'autre rive, si on l'utilise pour renforcer l'état et pacifier ses frontières, alors, outre la diffusion et l'apologie de l'enseignement de mes maîtres, j'aurais atteind un but supplémentaire."

L'image du radeau permettant d'atteindre l'autre rive est souvent utilisée dans le bouddhisme pour faire allusion à la méthode permettant d'atteindre l'illumination...
Plus tôt dans son ouvrage, il parle, d'ailleurs, d'une soudaine illumination obtenue après une pratique assidue des techniques enseignées par un de ses maîtres. Ici, l'illumination doit être entendu au sens de "maîtrise" (gongfu).




Extrait du "Shaolin gunfa chan zong" de cheng zongyou




La présentation du monastère de Shaolin par Cheng zongyou est également interessante : il dit qu'il se situe "entre le wen et le wu".

En Chine, l'idée de la complémentarité du wen ("monde de l'étude", connotation littéraire et intellectuelle) et du wu ("monde martial", connotation physique et guerrière) est ancestrale. Elle est l'équivalent du "men sana in corpore sano" latin (un esprit sain dans un corps sain). Cette idée est également à la source des pratiques primitives de la Chine antique : les techniques du souffle vital taoïstes. Ces techniques n'isolent pas le corps de l'esprit puisque l'homme est traditionnellement considéré en Chine comme "entre ciel et sol", soit à cheval entre le monde matériel (physique) et immatériel (spirituel). Ainsi, la spiritualité de la Chine primitive s'était basé sur un développement conjoint du corps et de l'esprit.




Représentation de l'homme "entre ciel et sol" selon Mengzi



La spiritualité n'est, en fait, pas plus associé aux pratiques martiales qu'elle ne l'est avec les autres pratiques artistiques ou artisanales. Ces pratiques nécessitant une implication de l'être dans sa totalité (physique et psychique) afin de parvenir à un niveau d'accomplissement, le gongfu.

L'expression "gongfu", souvent mal interprétée en occident est d'ailleurs applicable à toute personne ayant atteinds un niveau de réalisation dans un domaine quelconque. "Gong" signifiant "travail" et "fu" signifiant "homme accompli". On dira, par exemple, d'un artisant menuisier, qu'il a un bon gongfu lorsqu'il a dépassé les limites de son domaine...

Ainsi, l'association entre art martial et spiritualité n'apparait plus de manière aussi évidente. Et si, historiquement, des moines de divers courants religieux eurent accès à un enseignement militaire en Chine, cette association avait souvent un but purement pratique et dénoué de toute connotation spirituelle. En revanche, la recherche de la perfection dans un domaine artistique ou artisanal est considéré en Chine comme un moyen pour l'homme de se réaliser. La pratique de l'art martial devient, dans cette idée, une voie (Dao) menant à la réalisation de l'homme (gongfu)...

dimanche 21 décembre 2008

Histoire de l'art martial : Les techniques du souffle vital

La pratique de l'art du combat à main nue est donc arrivée jusque dans les monastères bouddhistes à la fin de la dernière dynastie chinoise, celle des Ming (voir précédent article sur l'histoire de l'art martial), à une époque où la résistance au nouveau pouvoir en place s'y cachait probablement.

Le monastère de Shaolin développa sa boxe seulement à cette période, bien que les moines pratiquaient déjà l'art de combat au baton et avaient déjà été sollicité préalablement dans l'histoire de la Chine pour renforcer les effectifs des armées impériales. Notons au passage que d'autres moines soldats participèrent à différentes batailles historiques : Ceux d'Emeishan au Sichuan, de Wutaishan au Shandong, de Funiu dans le Henan...

Mais ces faits historiques n'expliquent toujours pas le lien existant aujourd'hui entre traditions martiales et spiritualité.





En Chine, les pratiques du souffle ont longtemps fait partie du paysage quotidien




Les pratiques de Daoyin remontent à des temps ancestraux en Chine, elles sont rattachées aux traditions chinoises anciennes qui sont à l'origine du Taoïsme. L'alchimie interne (Neidan), à la base de la religion du Dao, est entièrement axée sur les pratiques de cultivation du souffle (Qi).

L'idée de Qi (souffle vital), inexistante dans notre culture occidentale, nous est particulièrement bien expliquée par le professeur Anne Cheng dans son livre "Histoire de la pensée chinoise" (Editions du Seuil, 2002) :

"L'unité recherchée par la pensée chinoise tout au long de son évolution est celle même du souffle (Qi), influx ou énergie vitale qui anime l'univers entier."..."Toute réalité, physique ou mentale, n'étant rien d'autre qu'énergie vitale, l'esprit ne fonctionne pas détaché du corps..."..."Source de l'énergie morale, le qi, loin de représenter une notion abstraite, est ressenti jusqu'au plus profond d'un être et de sa chair. Tout en étant éminemment concret, il n'est cependant pas toujours visible ou tangible : ce peut être le tempérament d'une personne ou l'atmosphère d'un lieu, la puissance expressive d'un poème ou la charge émotionnelle d'une oeuvre d'art."

Cultiver le souffle, c'est cultiver à la fois le corps et l'esprit. Les chinois pratiquèrent ces exercices dès l'époque des Han de l'ouest (~190 - 168 av JC), le plus ancien document en attestant étant le rouleau de Mawangdui, dit Daoyintu.


Rouleau de Mawangdui illustrant des pratiques du souffle vital (Daoyinfa)



Il est possible que le lien qui ait uni ces pratiques respiratoires ancestrales aux techniques de boxe ainsi et techniques guerrière fut, tout d'abord, essentiellement pratique :

Les boxes chinoises furent développées, pour la plupart, par d'anciens militaires aguerris. Ceux-ci connaissaient donc un des principaux problèmes que doit surmonter le soldat : vaincre la peur de la mort, une peur viscérale qui paralyse le corps et rend inapte au combat.

Les blocages liés à cette peur prennent naissance dans le diaphragme (d'où l'expression française "d'avoir la peur au ventre"). Or, il s'avère qu'une des façons physiologiques de surmonter cette peur est de savoir contrôler son diaphragme par l'intermédiaire de sa respiration, ce que savent tous les médecins sophrologues et ce que les pratiques Taoïstes de cultivation du souffle enseignent depuis des millénaires...

- La respiration étant la seule fonction physiologique inconsciente de notre organisme à être également controlable de manière consciente. Elle se trouve donc à cheval entre le corps et l'esprit, le conscient et l'inconscient et en assure ainsi un lien certain -

L'enseignement véhiculé par le bouddhisme, arrivée d'Inde au 1er siècle, se chargea de la tradition chinoise pour donner naissance à une école nouvelle qui vit le jour au 8e siècle de notre ère : la secte Chan (Dhyana en sanscrit). Celle-ci, influencée par la tradititon chinoise taoïste, se concentra plus sur la pratique que sur l'étude des soutras (enseignements écrits).




Les moines de Shaolin pratiquant leur traditions des exercices du souffle




La pratique des exercices du souffle présente aujourd'hui au monastère de Shaolin est souvent attribuée au moine indien Boddhidarma. Elle serait à l'origine de la boxe de Shaolin, légendairement considérée comme la plus ancienne en Chine. Les classiques dit "du lavage de la moëlle" (xishuijing) et "de la transformation des tendons" (yijinjing) seraient tous deux ses écrits, transmetteurs du secret de son éveil après une méditation face au mur (biguan) qui aurait durée 9 années.

Or, si les deux écrits existent bel et bien, la venue du prètre indien à Shaolin est, en revanche, très discutée. Il aurait séjourné à Luoyang, ville proche du monastère du Henan mais rien ne laisse à penser qu'il s'y rendit. Et les deux textes seraient, quand à eux, l'oeuvre d'un lettré probablement taoiste, à en juger par son pseudonyme (zining daoren : l'homme du Dao aux méditations pourpres). Daoren étant un qualificatif des personnes se réclamant de la tradition taoïste et la couleur pourpre étant également redondante dans la littérature taoïste...

Ces deux textes attestent bien de l'échange culturel qui eut lieu entre les deux traditions, indienne et chinoise, pour donner naissance à une nouvelle école bouddhiste : le Chan.

On pourrait donc considérer qu'une autre réponse à ce problème qu'est surmonter la peur de la mort fut amenée en Chine par l'intermédiaire d'une religion étrangère : le bouddhisme. Car les préceptes bouddhistes de détachement constituent également une possibilité de se soustraire au contrôle qu'a la vie sur l'homme.

Ainsi, le syncrétisme des techniques guerrières et de contrôle du souffle, purement pratique, ammena surement à un rapprochement de l'art martial et de la spiritualité. Tout deux cherchant l'accomplissement de l'homme dans son domaine (gongfu)...

dimanche 14 décembre 2008

La théorie du simple appui

Dans l'art martial traditionnel chinois, on entend souvent l'adage "le double appui est une maladie" (shuangzhong zhi bing). Cette notion de simple et double appui est redondante dans la théorie des boxes chinoises et Wang xiangzhai en avait fait un des piliers technique de son enseignement.

Dans son ouvrage "Quandao zhongshu" (Points essentiels de la voie de la boxe) connu sous le nom de "traité du dachengquan" (Dachengquan lun), un chapitre intitulé "Simple appui, double appui et reproduction en forme" nous en expose les grandes lignes (traduction personnelle) :

"Selon la théorie antique de la voie de la boxe (quandao), que ce soit à l'entrainement ou au combat, il faut garder en permanence un équilibre de tout le corps pour une réalisation correcte. Si le pratiquant ne respecte pas cet équilibre, c'est qu'il copie un modèle visuellement et, alors, la force n'est plus en harmonie avec le corps. Copier une forme de l'extérieure ne permet pas d'avoir de résultat sur l'esprit (shen), la forme (xing), l'intention (yi) et la force (li) et de plus, l'art devient, ainsi, unilatéral. Cette façon de faire n'est pas bonne pour la santé et, en outre, elle permet à n'importe qui de prendre facilement le dessus en confrontation. Les personnes étudiant la boxe doivent bien retenir ceci.

L'équilibre véritable n'est pas raideur. Il faut abolir la raideur. Celle-ci rend maladroit et entraine le grand défaut de double appui (maladie du double appui)"

Dans le même chapitre Wang xiangzhai s'exprime, quelques lignes, plus tard en ces termes :

"De nos jours, les écoles de boxes pratiquent quasiment toute un simple appui incomplet : Lors des déplacement, il devient double appui total ! "




Tian xiuzhen, disciple de Chen fake, démontrant sa forme de Taijiquan, notez le déplacement de son centre de gravité



Dans son ouvrage sur les principes du duanshou, il en parle assez clairement (traduction personnelle) :

"Tous les arts de combat accordent une grande importance aux déplacements. La maîtrise des déplacements dépend de la maîtrise du centre de gravité corporel. D'après mes quelques dizaines d'années d’expérience dans la pratique, le fali en appui de 70% du poids du corps sur une jambe et 30% sur l’autre est la clé pour vaincre l'adversaire au combat. Le fali puise son énergie dans la verticalité de la pesanteur et mon corps devient le vecteur qui permet d’en définir la direction. Sans appliquer ces principes, impossible de le réaliser. Pour qu’il soit réalisé avec le maximum d’efficacité, je dois pouvoir disposer de toute ma musculature donc être dans en état « hors tension » avec l'esprit vide. Puis, contractée en une fraction de seconde, cette force peut atteindre mon adversaire.

C’est ainsi que l’on peut maîtriser le passage de la décontraction à la contraction sans qu’il n’y ait de temps mort. Lorsque la force arrive au bout de l’action, l'intention ne s’arrête pas pour autant. Et lorsque l’intention s’arrête, l'esprit continue à garder la liaison, toujours et encore, l’idée principale restant inchangée. Cette méthode de fali, presque étrangère aux autres écoles de boxe, est un fleuron antique des arts martiaux. Je la qualifie de « retour à la source antique ».
S'il n'y a pas de fali en simple appui, on ne pourra pas atteindre l'adversaire avec la force homogène et intégrale. Dans le combat, la tension correspond à l’action et la décontraction correspond au fait de se contenir. Se contenir et agir répondent au même principe. De même, la tension et la relaxation sont des notions réciproques. Ce qui est important pour savoir se contenir ou agir, pour comprendre la tension et la relaxation, c'est l'usage réciproque du vide et du plein.
Pour faire fali en avançant, la proportion du poids du corps sur les jambes est de 30% sur l'avant et 70% sur l'arrière, vide à l'avant et plein à l'arrière. Pour le fali en reculant, c'est 70% sur l'avant et 30% sur l'arrière, plein à l'avant et vide à l'arrière. Plein ne veut pas dire lourd, il y a aussi du léger dans le ferme, et vide ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’un point faible ou sans force car on y trouve également de la fermeté."


La notion de simple et double appui est donc en rapport avec l'équilibre et la gestion du centre de gravité mais également avec le déplacement et la disponibilité. La façon de gérer les appuis au sol par rapport au centre de gravité ainsi que l'utilisation de la pesanteur en sont des éléments importants. Les différentes écoles de boxe chinoise, lorsqu'elles sont correctement exécutées, travaillent toutes en respect de cette règle fondamentale.

Et si cette règle prohibant le double appui a été quelque peu délaissé dans certaines écoles, elle reste néanmoins une des caractéristiques permettant d'atteindre un véritable gongfu et de nombreux maîtres mettent encore un point d'honneur à l'enseigner.



Bai yucai, de l'école Cheng de baguazhang : Simple appui total dans les déplacements et en application




Dans le vocabulaire occidentale, la notion de simple et de double appui pourrait être traduite par celle "d'équilibre". En revanche, tout équilibre étant relatif, il est nécessaire de concevoir cette notion en prenant en compte les différentes contraintes à dépasser : la propagation de cet équilibre à tout l'ensemble du corps dans l'espace et dans le temps, quels que soient le moment, le type de déplacement, l'état d'esprit, les forces extérieures s'exerçant sur ce corps...

mardi 25 novembre 2008

Histoire de l'art martial : Le développement de la boxe.

Au regard des recherches les plus récentes, il apparait donc clairement que :

- Les techniques à main nue se sont développées essentiellement après la chutte des Ming (1644).

- La boxe de Shaolin n'existe pas avant cette période et l'art martial chinois est surtout un art militaire dont la pratique des armes prévaut sur celle à main nue.

Ces deux constatations rendent alors un autre célèbre texte historique sur l'art de la boxe particulièrement intéressant : L'épitaphe à Wang zhengnan (Wang zhengnan muzhi ming).

Le texte, composé par Huang zongxi, un lettré de la cour des Ming qui devint une figure de la résistance anti-mandchou, raconte la vie exemplaire d'un certain Wang zhengnan, maître de la "boxe de la famille interne" (Neijiaquan). Ce texte, daté de 1669, est le premier dans l'histoire à distinguer une école en contraste avec celle de Shaolin, alors désignée comme "Externe".

Le passage faisant cette distinction est le suivant (traduction personnelle) :

" Shaolin est réputé sous le ciel par ses boxeurs, mais ils accordent beaucoup d'impotance à l'offensive. Il est donc possible pour quelqu'un de prendre l'avantage sur eux. Il y a également ceux qui pratiquent ce qui s'appelle "l'école interne" (neijiaquan). Ceux là utilisent la tranquilité pour vaincre le mouvement, les envahisseurs voient alors leur attaque se retourner contre eux, depuis longtemps ce qui se rattache à shaolin est appelé "école externe".

Huang zongxi (1610 - 1695), décrit donc l'école du maître Wang zhengnan, dont lui et son fils (Huang baijia) furent disciple, en l'opposant aux techniques à main nue du monastère de Shaolin à une époque ou ces dernières commencent tout juste à voir le jour...





Démonstration de Wuziquan, école créé par Yu kerang. Celui-ci fut disciple de Wang zhengnan pour le Neijiaquan et aurait également étudié le Hequan (boxe de la grue) et le Houquan (boxe du singe).





La paternité de l'école transmise par Wang zhengnan attribuée à Zhang sanfeng, ermite taoïste légendaire, n'est donc sans évoquer une volonté de rapprocher l'art martial à main nue des traditions de la Chine primitive. Et ce, surement afin de renforcer un sentiment de fierté et de bravoure face à un envahisseur étranger à une époque ou les chinois sont asservis sur leur propre territoire.

Un autre texte, tout aussi intéressant, et mis en évidence par le professeur Shahar dans son "Shaolin monastery : History, religion and the chinese martial art" est le Quanfa beiyao (Recueil de méthodes de boxes chinoises).

La préface de cet ouvrage date de 1784 et de nombreuses références y sont faites au manuel de Qi jiguang avec, cependant, une différence : Les passages reprenant la description de diverses boxes et méthodes de combat les font alors remonter historiquement à Shaolin !

Ainsi, alors que le jixiao xinshu parle d'une boxe attribuée à l'empereur Zhao taizu des Song (Zhao taizu changquan), le quanfa beiyao parle de la même boxe en ajoutant que Zhao taizu avait étudié au monastère de Shaolin.
En revanche, le jixiao xinshu, pourtant censé évoquer les boxes les plus fameuses n'évoque de Shaolin que son art du baton ...




Le maître Liang yiquan démontrant la première forme du Taizu changquan




Le Quanfa beiyao se réclame donc de la ligné de Shaolin. Il comporte, cependant, certains passages explicites sur les principes essentiels ainsi que sur les différentes catégories de boxe chinoise. Y sont expliqués les principes du "faible défendant le fort" (ruo di qiang) ainsi que de "la souplesse qui l'emporte sur la dureté" (rou sheng gang).




Un posture illustrée du Quanfa beiyao




Deux catégories de boxe y sont développées : les boxes longues (changquan) et les techniques rapprochées (duanda). Expliquant que les techniques rapprochés peuvent renverser les boxes longues car elles permettent plus facilement d'atteindre le corps de l'adversaire, un passage entier du livre est intitulé "Traité originel de la méthode pour exécuter les techniques rapprochées du monastère de Shaolin" (Shaolin si duanda shenfa tong zong quanpu).

Les principes des écoles, aujourd'hui considérées comme faisant partie "de la famille interne" et rattachées historiquement à Zhang sanfeng et au monastère Taoïste du Wudang, sont donc décrit dans un ouvrage se voulant de la tradition de Shaolin et estimé du 17e siècle...


Au regard de tous ces faits historiques, le lien entre la religion et l'art martial chinois n'est plus aussi évident, l'origine de la boxe attribuée à Shaolin apparaissant alors clairement comme une légende dénuée de tous fondements...



(A suivre...)

jeudi 20 novembre 2008

Histoire de l'art martial : L'art militaire.


L'art martial, dans l'histoire, fut avant tout un art militaire. Les documents les plus anciens existant en Chine (Wubian, zhenji, Jixiao xinshu, Jianjing, Wubeizhi) viennent confirmer cette idée.

Le jixiao xinshu (Nouveau traité sur l'efficacité d'une armée), qui aurait été compilé par le général Qi jiguang en 1562, donc sous les Ming, présente un recueil de techniques puisées dans différentes boxes. Sa fonction fut de former les soldats au combat. Il semblerait qu'à cette époque, l'art martial fut totalement dépouillé de quelconques notions de spiritualité. Il s'agissait alors de techniques pratiques, guerrières, dont la fonction était de servir au champs de bataille.




Techniques au baton du Wubeizhi (1621)



Les techniques de baton de Shaolin sont représentées dans cette compilation mais l'art à main nue n'existe pas encore au monastère du Henan à cette époque.

Le professeur Meir Shahar, de l'université de Tel Aviv, explique dans son ouvrage "The Shaolin monastery : History, religion and the chinese martial art" (University of Hawai'i press, 2008) que de son époque, le général Qi jiguang avait déjà fait une critique de la boxe chinoise, au sein de laquelle il voyait un manque de réalisme dans certaines postures, trop axées sur l'esthétisme. Il s'expose en ces termes : "Sans posture ou technique précise, vous serez efficace avec un seul mouvement. Mais si vous commettez l'erreur de faire des postures et des pauses précises, vous n'aurez aucune effectivité, même en dix mouvements."




Le général Qi jiguang (1528 - 1588)




Monsieur Shahar cite également le professeur Douglas Wile. Celui-ci, dans un de ses ouvrages, citait Tang shunzhi (1507 - 1560) qui, dans son "traité sur les affaires militaires" (Wubian), s'était déjà exprimé en ces termes : "La raison pour laquelle il existe des postures dans l'art martial est de faciliter l'enchainement. Les formes contiennent des postures fixes mais, dans la pratique réelle, elles deviennent fluides, tout en conservant leurs caractéristiques dans la structure."

Ainsi, la critique d'une pratique trop esthétique et pas assez efficiente en Chine existe déjà au 16e siècle, à une époque ou la boxe de Shaolin n'a pas encore vu le jour...
Mais cet art martial chinois prend une tout autre dimension à la fin de la dynastie Ming, lorsque les mandchous prennent le pouvoir et fonde la dynastie des Qing. A cette période, une résistance anti-mandchou se met en place et prend refuge dans les campagnes et les monastères. C'est à cette période que se développèrent véritablement les boxes que nous connaissons aujourd'hui.

Un exemple illustrant parfaitement la façon dont se développèrent ces écoles de boxe est l'histoire de Chen wangting, considéré comme le "père fondateur" du taijiquan (même si le terme Taijiquan n'apparait dans aucun de ses écrits).
Dans son ouvrage, Meir Shahar cite les travaux de recherche publiés par les historiens Tang hao et Gu liuxin dans leur "Etude approfondie sur le Taijiquan" (Taijiquan yanjiu, 1964) :

"Sous les Ming, Chen wangting avait officiellement été désigné comme inspecteur régional pour les régions du Shandong, Zhili et Liaodong. Il avait une expérience du champs de bataille, ayant combattu plusieurs fois en première ligne contre l'envahisseur mandchou aux frontières nord du térritoire. Après l'invasion des Qing en 1644, il se retira dans son village natal pour se consacrer au perfectionnement de sa technique à main nue."
Il écrit : "Je soupire lorsque je repense à ces années pendant lesquelles, vétu de mon armure et maniant la lance, j'ai repoussé ces hordes de bandits, me mettant en danger incessamment ... Maintenant vieux et fané, je n'ai plus rien d'autre que le livre huangtingjing ("Classique de la court jaune", recueil taoiste de techniques repiratoires) pour me tenir compagnie. Lorsque je m'ennuie, j'invente de nouvelles techniques à mains nues (quan), lorsque c'est la saison, je laboure la terre et lorsque j'ai du temps, j'instruis quelques disciples et descendants afin de leur permettre de devenir aussi fort que tigres et dragons."



Représentation de Chen wangting (1587-1664), au premier plan




Ainsi, l'ancètre de la boxe Taiji naissait à quelques kilomètres du monastère de Shaolin à l'époque même ou l'art à main nue commençait à y apparaitre.

Un autre fait intéressant vient de la découverte du grand nombre de postures dont les noms sont similaires dans ces deux boxes. Les noms de ces postures, qui sont "communes" au Shaolinquan et au Taijiquan se trouvent, par ailleurs, toutes dans le "classique de la boxe" (quanjing) la compilation de technique à mains nues du Jixiao xinshu.

Posture "d'enfoncer vers le bas" du Quanjing



Ainsi, par exemple, les postures Jingji duli (le coq d'or se tiens sur une patte), Fuhu (se pencher sur le tigre) ou bien encore xianlong (chevaucher le dragon) et qixing (les sept étoiles) faisaient toutes partie de la pratique enseigné par le général Qi jiguang à ses troupes. Ces même troupes défendirent le térritoire contre l'envahisseur mandchou avant la chutte de la dernière dynastie chinoise...





(A suivre...)

samedi 15 novembre 2008

L'art martial chinois : son influence, ses lacunes

Dans le monde des arts martiaux, l'art chinois est souvent vu de deux manières:

- On le considère, en générale, comme étant à l'origine des autres écoles en Asie.

- On le trouve très axé sur la théorie et peu sur le pragmastisme.

Si la première de ses idées est particulièrement juste - les différentes écoles de l'art martial en Asie sont toutes issuent de la Chine et de l'Inde - la deuxième de ses idées, bien qu'assez discutée, est également juste et ce pour plusieurs raisons.

L'évolution classique dans l'apprentissage d'une école en Chine est la suivante :

- Jibengong : travail des bases ou exercices de préparation du corps (waigong / xing) et de l'esprit (neigong / yi). Ce travail permet de préparer à la maîtrise des principes fondamentaux et des différentes techniques de l'école.

- Travail des formes en solo : apprentissage du répertoire technique propre à l'école. Historiquement, lorsque les techniques devinrent trop nombreuses, la transmission commença à se faire sous forme d'enchainement, ce qui permis d'en retenir un grand nombre et de le faire passer aux générations suivantes au complet.

- Travail des formes en duo : apprentissage des applications propre à chaque technique. C'est la phase ou le pratiquant apprend la "tactique de combat" propre à son école.


Or, cette dernière étape de l'apprentissage s'est quelque peu perdu en Chine depuis la prise de pouvoir des communistes en 1949. Les différentes pratiques martiales furent prohibées à partir de cette époque et, si les formes en solo et exercices de bases pouvaient avoir l'air annodins et donc continuaient à être pratiqués, il en était autre des formes en duo, qui étaient beaucoup plus parlantes et révelaient la pratique d'un art du combat.






Illustration d'une technique chinoise au 18e siècle





Dans le quanfa beiyao (recueil de méthodes de boxes chinoises), datant du 18e siècle, on trouve des techniques illustrées dans des applications très précises. Ce qui vient à prouver que, si l'art martial chinois s'est tourné vers une pratique essentiellement formelle et théorique, il a longtemps été enseigné de manière très pragmatique, tel qu'on le trouve aujourd'hui encore au Japon et en asie du sud est.






Zhang junfeng, de Taiwan, démontrant la force en déplacement puis un enchainement de xingyiquan en duo





Les écoles chinoises ayant voyagé avec la diaspora aux époques antérieures à la révolution culturelle ont, en revanche, conservé ces pratiques. On les retrouve en Asie du sud-est (Singapour, Vietnam, Malaisie, Indonésie, Philippine...) ainsi qu'au Japon. Nombreuses de ces transmissions sont des écoles chinoises classiques s'étant melées aux traditions locales. En Asie du sud-est, la population est fortement impregné de l'immigration issue essentiellement du sud de la Chine, laquelle voyageait en apportant ses boxes (nanquan).






Démonstration de la boxe Taizu du sud (nan taizuquan) par le grand maître Liao wuchang




Les écoles de karate de la région de Naha n'avaient, à l'origine, que très peu de différences avec les écoles chinoises dont elles étaient issues. Okinawa ayant toujours été un térritoire partagé entre les cultures chinoise et japonaise.






Démonstration de la forme sanseiryu par kanei Uechi, fils du fondateur de l'uechiryu karate





La dernière étape de l'apprentissage doit permettre au pratiquant d'apprendre tout le "répertoire technique" de l'école et donc de comprendre la réelle signification des différents mouvements qu'il a étudié au travers des enchainements ou formes.




Démonstration de Silat indonésien, en solo puis en duo





Parmis les écoles chinoises à l'origine des styles d'Asie du sud-est, reviennent souvent les boxes de la grue (hequan), ainsi que celle de la famille hong (Hongjiaquan / hunggar dans sa prononciation cantonaise) et la boxe yongchun, que l'on peut également rattacher à l'école de la grue.






A Paris, didier Beddar transmet le système complet de l'école Yongchunquan (wingchun)





Avec le temps, certaines écoles se sont concentrées essentiellement sur l'aspect pratique et leur travail sur les applications en duo des techniques. C'est le cas du yongchun et des écoles ayant subi son influence (certaine forme de silat ainsi que le kali / escrima de mano).





Du wing chun à l'escrima, l'art du poing chinois a évolué et s'est de plus en plus concentré sur le pragmatisme. Dan innosanto nous explique les motivations qui ont poussé Bruce Lee a creer son jeetkundo.





En yiquan, la pratique des techniques à deux (duanshou) s'est perdu avec le temps et n'est plus enseigné. Wang xiangzhai pensait que les bases représentaient le travail le plus important de l'apprentissage, mais ces bases suffisent-elles à former un artiste martial si elles ne sont pas complétées par des techniques pratiques ?

samedi 25 octobre 2008

La forme du corps et l'intention du coeur

Dans le yiquan, l'accent est mis sur l'apprentissage et l'utilisation de la force. Celle-ci est issue d'une utilisation correcte du corps et de l'esprit. Le pratiquant passe par un long travail d'introspection qui doit lui permettre de trouver le mouvement juste ainsi que l'esprit juste. Cette introspection ou "recherche en sensation" passe par le développement d'une certaine sensibilité et de l'intuition. Elle était anciennement traduite par le terme "xinyi" (l'expression du coeur).




Li qingshan, du xinyiliuhequan, démontrant comment encaisser les coups par le corps uni




La boxe xinyi, ou xinyiliuhequan, fut l'école sur laquelle s'appuya Li luoneng pour fonder son xingyiquan. Certains pensent qu'il changea les caractères en "forme et intention" par une erreur d'interprétation due au fort accent du Shanxi de ses maîtres. Mais lorsque l'on regarde de plus près les éléments techniques de ces deux boxes, on s'apperçoit que le xingyiquan est une version épurée du xinyiquan. Li luoneng n'avait probablement pas eu la possibilité de recevoir une transmission complète de cette boxe : ses maîtres l'enseignaient essentiellement à leur clan et avaient fait une exception à son égard.

En revanche le sens du terme "xingyi" (forme et intention) évoque un principe fondamental utilisé en yiquan : L'interaction du corps et de l'esprit. L'idée du xingyiquan étant de "rechercher la forme par l'intention et trouver l'intention par la forme juste"...

Ce principe d'interaction corps-esprit est celui qui permit de mettre en place tout le protocole thérapeutique des postures de l'arbre (zhanzhuanggong). Il est également un des principes fondamental et fondateur de la médecine traditionnelle chinoise. Car si l'on sait que l'état d'esprit a des répercussions sur le corps physique, on ignore souvent que le positionnement du corps influence également l'esprit.




Points "shu" d'accupuncture, les points ayant une action directe sur les organes internes





Les ostéopathes et chiropracteurs expérimentés savent, eux aussi, que la posturologie permet d'agir sur les différents organes par l'intermédiaire de la colonne vertébrale à laquelle ils sont reliés (chaque organe est "accroché" à la colonne vertébrale par l'intermédiaire de petites "poches"). Et que ces mêmes organes physiques, lorsqu'ils sont en tensions, influences les humeurs de différentes manières...

Ces deux domaines d'actions du pratiquant que sont le corps et l'esprit sont traditionnellement nommé en Chine travail "externe" et "interne" (waigong / neigong). Ces deux champs d'actions existent dans toute école traditionnelle de l'art martial chinoise et à chaque étapes de l'apprentissage.

Les techniques propres à une écoles relèvent de la forme du corps d'un pratiquant. Celle-ci est acquise par le travail des bases mais un apprentissage de ces techniques est nécessaire.

Les techniques de l'école xinyiliuhequan sont extrêmement nombreuses et variées alors que les techniques de l'école xingyiquan sont moins nombreuses, plus courtes et ramassées.



Applications de techniques du xingyiquan par Luo dexiu




Les techniques du yiquan proviendraient plutot de l'école xinyiliuhequan, Wang xiangzhai ayant effectué un travail de retour aux sources du xingyi qu'il tenait de son premier maître, le légendaire Guo yunshen.



Techniques et applications pratiques de l'école xinyiliuhequan



Parmis les autres experts de l'art martial avec lesquel il étudia se trouvaient plusieurs experts de xinyiliuhequan (entre autres). Et, dans son premier ouvrage (yiquan zhengui, les véritables principes du yiquan) Wang xiangzhai parle à cette époque du yiquan en expliquant qu'il est également nommé xinyiquan...

samedi 4 octobre 2008

Grands maitres de l'art martial chinois

Une facheuse tendance à considérer que les maîtres des générations antérieures détenaient des capacités qui ont aujourd'hui disparues amènent la plupart des pratiquants à les vénérer plus que les vivants. En revanche, il est fréquent que ces mêmes pratiquants, lorsqu'ils sont témoins du grand art de certains maîtres agés, ne sachent pas apprécier ce qu'ils voient.

Dans l'art martial chinois, la recherche de la force est une caractéristique constante. La force recherchée doit être facile à produire quelles que soit les conditions de santé, d'age ou de poid du pratiquant. Ainsi, une personne faible ou agée doit être toujours capable de la mettre en pratique. Cette recherche de la force a donnée naissance à un nombre inimaginable d'exercices dont le but est de comprendre comment la générer et la développer. Ces exercices sont les neigong propres à l'école étudiée. Ces neigong (littéralement "travail interne") sont différents en fonction des écoles de boxes, mettant ainsi l'accent sur un type de force plutot qu'un autre, ou bien cherchant à produire cette force dans des conditions particulières...



Le maître de Chengshi Baguazhang Tie lao démontre la force biomécanique à l'age de 94 ans





Des "exercices de contrôle" permettent de la tester à l'aide d'un partenaire, ce sont les fameux tuishou ou roushou. Ceux-ci n'ont d'autre but que de pouvoir tester si le pratiquant maîtrise correctement la force "non-musculaire" (c'est à dire non-partielle ) et est capable de la manipuler dans certaines situations.



Démonstration des différents tuishou de l'école Yang de taijiquan (diverses mises en situations) par le maître Lin mogen






La force utilisée dans l'art martial traditionnel est une force générée par la biomécanique mais également grace à des "techniques spirituels" (spirituel = de l'esprit). Celle-ci se caractérisent, pour la plupart du temps par des visualisations qui aident le pratiquant à manipuler la force. La sensibilité permettant la recherche du mouvement juste se trouvant dans le relâchement du corps et de l'esprit.




Mise en application de la force en simple appui par le maître de Taijiquan Wei shuren






Les principes généraux permettant la mobilisation et la manipulation de cette force sont les mêmes quelle-que-soit l'école puisqu'ils ne sont que la mise en pratique de connaissances physiologiques et mécaniques universelles. On retrouvera donc ces mêmes principes, parfois exprimés avec un vocabulaire différent, dans les différentes traditions martiales extrême orientales et occidentales.




Le maître Wang yongquan, disciple des maître Yang chenfu et Yang shaohou, démontrant quelques fali (fajin) à un age avancé





Le secret des vieux maîtres d'antans demeurait bel et bien dans la maîtrise de la force. Celle-ci leur permettait de garder intactes leurs capacités après un age avancé et est à l'origine des histoires extraordinnaires que l'on raconte encore sur eux de nos jours...

lundi 29 septembre 2008

Le yiquan et les armes

Comme nous l'avons déjà souligné dans un précédent article(http://quanxue.blogspot.com/2008/03/lorigine-des-coles-de-boxe.html ) et contrairement à ce que pensent la plupart des pratiquants d'art martiaux, les pratiques à mains nues sont nées postérieurement aux pratiques avec armes et s'en seraient influencé. Les différentes caractéristiques techniques des armes qui étaient utilisées sur les champs de bataille auraient permit à certains militaires de créer des tactiques de combat, lesquelles furent à l'origine des différentes formes de boxe chinoise.

Les différentes armes utilisées en Chine dans l'histoire sont d'une variété impressionante et montrent à quel point les civilisations qui peuplèrent le sol chinois furent ingénieux.






Extrait d'un documentaire sur les armes chinoises par la chaine National geographic





L'utilisation du corps propre aux arts martiaux traditionnel, c'est à dire du corps uni (zhengti), aurait pour origine l'utilisation des armes de guerre. Celles-ci, d'un poid particulièrement important, obligèrent les personnes qui les manipulaient à utiliser l'ensemble de leur corps dans les moindres mouvements et ce de façon à pouvoir bouger rapidement et sans se fatiguer à outrance (une hallebarde pesait environ 50 kilos ).

On trouve, parmis ces armes anciennes chinoises, le sabre à deux mains, dont la technologie s'exporta au Japon pour donner la technique de fabrication légendaire des katana. Ce sabre fut particulièrement mis en valeur par l'armée du général Qi jiguang. L'ironie du sort est qu'il en équipa ses troupes pour les lancer contre ... les pirates envahisseurs japonais !





Technique du sabre chinois à deux mains, dans le jixiao xinshu du général Qi jiguang





Le yiquan, influencé par le xinyiquan, utilise le baton long dont l'utilisation est similaire à celle de la lance. Celui-ci est en bois flexible et mesure environ 2 mètres. Il est, en général, utilisé pour travailler l'émission de force (fali) que le pratiquant doit être capable de faire parvenir au bout de son baton.





Cui fushan démontre quelques fali au baton







Les techniques utilisées au baton sont influencées par les techniques originelles du xingyiquan. Celles-ci donnèrent naissance aux techniques de poing des cinq éléments (wuxingquan) et se composaient de 3 techniques de poing (laosanquan / zuan, guo, jian) et de 3 techniques de baton (laosangun / beng, pao, fanbei)









Zhang zhong (en haut) et Han xingyuan (en bas) au baton




La pratique du baton au sein de l'école yiquan consiste essentiellement en un travail de shili. Après un certain temps, lorsque le pratiquant est capable de produire une force importante par le placement et la coordination juste (zhengti), il doit apprendre à intégrer ces différentes directions de force dans ses déplacements. Ce travail permet alors de prendre le contrôle de l'adversaire dès contact avec son arme en déstabilisant son équilibre et donc sa force...



samedi 27 septembre 2008

the origins (last part)

In the xinyi school, wich was at the origins of the yiquan, the method used to link the inside and the outside was represented by the six harmonies (or six coordinations / Liuhe) theory. But there is another chinese boxing school that uses this notion as its basis : the liuhebafaquan, also called xinyi from the Yue mount, in reference to its geographical origin.
One of the best specialist of this boxing was the master Wu yihui, whom Wang xiangzhai met in Shanghai and whom he was a great admirator of. Some of the very first disciples of Wang xiangzhai even became disciples in this school as well, like Zhang changxin and Han xingqiao.



Zhang changxin in a liuhebafa form, this boxing is also called "water boxing"





Those six harmonies are divided in three internal harmonies and three external harmonies. The heart (xin) leads the intention (yi) that leads the energie (qi) wich one leads the force (li), constituting thus three internal harmonies.

About the three external harmonies, they are often said to be wrists-ankles, elbows-knees and shoulders-hips. But this theory, then, doesn't help the practicionner in his achievement, according to the fact that any movment can only be the result of a good coordination between those body segments.

Now, as we did already see in the first part of this article, according to the different exercices like the xinyiliuhe's "squatting the monkey" stance and the xingyi's three wholes stance, wich are the ancestor of yiquan's stances, we can explain this theory in another way :

The "three curves" wich are mentioned in the old xinyiliuhe would be three major articulations of the whole body, the same that link the "three whole" (santi) of the xingyiquan. Those three curves would be the articulation of the hips (lumbar curve), the articulation of the back (dorsal curve) and the sternal articulation (sternum-shoulder curve). A right coordination between those three curves allows an effective use of the deep muscles, wich are close to the spinal column...




Tiger and dragon representing the yin and yang





These three articulations are used to generate a natural force in the six directions : up-down, forward-backward and closing-opening. Those six directions were technically represented, in the old xinyi, by the three old fists : Zuan (piercing), guo (wrapping) and jian (stepping in). Wang xiangzhai talks about it in his first book and says that those three forces must be mixed together.
Besides the six harmonies, considered as the "method" of achievement in the xinyi and xingyi boxing, Wang xiangzhai's teaching was also based on the yin and yang theory.

The name of the stances known as "to lean on the tiger" (fuhuzhuang) and "to ride the dragon" (xianglongzhuang) are coming from taoist esoteric expressions.

In the chinese tradition, tiger and dragon are the representations of yin and yang energies. The dragon is mythical, he represents imagination and fabulous, he is flying in the air and in the water, he evokes the sky. His force is subtle, it is pure yang. The tiger is a real and concrete animal, his territoty is the land, he evokes the ground. Simple and direct, his force is natural and brutal, it is pure yin.
For the man, yang represents his spiritual developpment and yin represents his lower and primal instincts. "To lean on the tiger" (fuhu) in order to control him shows the idea of controling our lowest instincts. "To ride the dragon" (xianglong) shows the idea of spiritual developpment.



Fuhuzhuang by master li jianyu




The two stances allow to developp martial capacitates attributed to the yin and yang : direct and powerfull force for the tiger, flexible and adaptable for the dragon's one.



Xianglongzhuang by master Li jianyu





Wang xiangzhai did developp those two "vitalities" at the beginning of his teaching in the 20's. He was, then, talking about two energies wich are the tiger's and the dragon's one...

jeudi 25 septembre 2008

the origins (second part)

According to Wang xiangzhai and to the interview he gave to the People's daily, the chinese caracter used for the word boxing takes all his sense with the expression "quanquan fuying" (拳拳服膺) wich means "to be sincerly confident" or "to keep sincerly in his heart".

In this expression, quanquan (拳拳) symbolises the action of closing the fist or the fists and designate the idea of sincerity, determination. Fuying (服膺) symbolise the idea of wrapping in one's chest or keeping in his heart.

Another interpretation of this expression, in a much more litteral sens, would be "the real boxing remains in our heart", wich means that the martial art should not be linked to the external form but to the intention that lead it.



Calligraphy of 7 traditionnal expressions by Wang xiangzhai





A famous calligraphy by Wang xiangzhai shows seven traditionnal expressions he was especially found of :

Zhongxiao ren'ai (忠孝仁爱), Xinyi heping (信义和平), Quanquan fuying (拳拳服膺), Yiquan zhengzong (意拳正宗), Duanlian shenti (锻炼身体), Hongyang guocui (弘扬国粹), Zhenxing zhonghua (振兴中华).

The translation of those four caracters phrases could be the following (personnal translation) :

Respect the elder and be charitable, be loyal and pacific, be sincer in your heart. (So is) the orthodox (ancestral) school of yiquan, (wich allows to) train your body, (so that) the best of the country will developp and extend (in order to) revivify the chinese nation.

To be "sincer in your heart" (quanquan fuying) is a human quality that is much beyond the martial art practice. But still, this expression, in an another way is nothing else but the teaching of Wang xiangzhai on the use of the intention in the practice.

The chinese caracter used for intention shows a standing man (between ground and sky) on a mouth, the whole reposing on an heart. The ancient signification beeing the possibility of formulating (represented by the mouth) the material as well as the immaterial (man between ground and sky) in an affective way (the heart).


The yi caracter in its ancient graphy (calligraphy from the author)





The yiquan / dachengquan founder was used to say that the intention is the general and the force, his soldier.

So the intention (yi) comes from the heart (xin), commands the energy (qi) wich leads the force (li).

This corresponds to the three others of the six harmony, the three internal harmonies.

(to be continued...)

mardi 23 septembre 2008

Témoignage sur Wang xiangzhai : Mi jingke (deuxième et dernière partie)


Un jour, alors que madame Mi pratiquait au parc Zhongshan, Wang xiangzhai s'approcha d'elle et lui dit : "Maintenant que tes yeux ont du gongfu, je vais t'enseigner comment pratiquer les "doigts d'acier" (jiegang zhi)."

Cette pratique se présente comme telle : En posture, bras fléchis et arrondis, le yeux se perdent au loin. Les indexs des deux mains sont légèrement pliés, comme s'ils crochetaient les deux sourcils. A tout moment, on doit sentir notre tête s'étendre légèrement vers le ciel ou porter quelque chose et au même moment, il faut imaginer que cela tire également les doigts et les entraine dans le mouvement.

Cette pratique finit par donner cette sensation, dans la vie de tous les jours, lorsque nos doigts se trouvent orientés vers nos sourcils, que seul un doigt est "éveillé" et "plein de force".

Mi jingke, très heureuse d'apprendre une nouvelle pratique, se mit aussitôt à l'entrainement : Elle pratiquait plus d'une heure chaque matin aux aurores. Au début, explique-t-elle, je sentis rapidement de la force s'exprimer dans mes doigts, mais aucune sensation particulière au niveau des sourcils, ni aucune connection entre les deux, ou sensation de crochetage. Après une dixaine de jours, dit-elle, je commençais à avoir cette impression de crochetage, mais avec une force peu prononcée et même, parfois, brisant cette connection lorsque je "tirais trop fort".




Mi jingke, en compagnie de Li jianyu en 2003. Debout, de gauche à droite : Bo jiacong, He zhenwei et Cui ruibin






Après plus d'un mois, elle pu retourner voir le maître afin de lui annoncer que les sensations étaient bien là et qu'elle avait senti que la force de la tête était venu plus rapidement que celle du corps entier...

Wang xiangzhai lui dit alors qu'elle avait réussi à tirer bénéfice de son handicap. Que si elle n'avait pas eu ce problème aux yeux, elle n'aurait jamais appris ce gongfu et que la plupart de ses élèves venu apprendre l'art martial ne l'avaient pas appris et ne l'apprendraient probablement jamais.

Il lui expliqua alors que l'origine de ce type de gongfu était lointaine. Auparavant, les artistes martiaux devaient être capable d'exprimer la force et de la faire jaillir par n'importe quelle partie de leur corps. Quand aux "doigts d'acier", il ne s'agissait, en fait, que d'un shili des doigts et des yeux.



Shili par Mi jingke





Wang xiangzhai enseignait de manière très personnelle en fonction de l'élève. Mi jingke questionna de nombreux élèves afin de savoir s'ils avaient appris ce gongfu mais sans résultat. Elle finit par en déduire qu'elle avait été la seule à recevoir cet enseignement.

Certains matins, après sa pratique, Mi jingke s'approchait du groupe d'élèves pour l'art martial afin de les observer dans leur entrainement. Un jour, un jeune homme d'une vingtaine d'années regardait également les pratiquants de tuishou et le maître s'approcha de lui pour lui demander s'il avait déjà terminé sa pratique. Le jeune homme répondit qu'il regardait encore un peu et qu'il retournait s'entrainer ensuite.

Wang xiangzhai lui dit alors : "Un corps si robuste et ça ne pratique même pas sérieusement ! "

Le jeune homme, soudainement vexé, répondit : " Je suis ouvrier dans une usine de métallurgie. Mon travail, c'est de déplacer des barres d'acier qui pèsent près de 150 kilos l'une. Je les porte sur mes épaules en les saisissant de mes propres mains et et j'en déplace plus d'une dixaine chaque demi-journée. Vous croyez que j'arriverais à faire ça sans un corps si robuste ?

Wang xiangzhai lui dit alors : "C'est vrai ? Alors croisons un peu les poignets (tuishou) que je ressente un peu quelle force tu as vraiment."

Le jeune homme répondit : "Mais, vos bras sont si frèles ! Non, je ne me mesurerai pas à vous ! "



Le dantuishou, enseigné par Wang xuanjie : une question de biomécanique et d'équilibre




Le maître dit alors : "Ah, c'est comme ça ! Alors tu vas me pousser avec ton poing. Si tu parviens à me faire reculer sur ma jambe arrière, tu gagnes la partie. On va voir si ta force est si grande !"
Le jeune homme demanda où il devait placer son poing et Wang xiangzhai lui répondit où il le souhaitait. Il appuya donc sur son ventre de toutes ses forces mais le vieux maître ne bougeait pas. Il lui dit même "Plus fort, plus fort !!!" et le jeune homme plia ses deux jambes pour appuyer en force mais sans résultat.

Tout à coup, Wang xiangzhai fit un pas, faisant ainsi reculer le jeune une fois, puis une deuxième puis encore une fois. Il s'arrêta et lui dit alors : "Regardes toi, tu es tout en sueur. Reprends donc ton souffle ! " Puis il ajouta : "De si gros poings n'arrivent même pas à me faire reculer. Je te parie que je peux te faire reculer avec seulement deux doigts."

Il plaça alors l'extrémité de son index et de son majeur réunis sur le ventre du jeune homme, ses autres doigts étaient repliés. Puis il demanda au jeune homme s'il était prêt. Ensuite, il lui dit simplement "recules ! " et le jeune fut obligé de faire un pas en arrière, puis un deuxième puis un troisième.

Mi jingke nous raconte alors : "Comme j'ai toujours été curieuse, je me suis aussitôt demandé comment il était possible qu'un jeune, costaud comme il l'était, ne puisse pas faire bouger un vieillard frèle et comment ce dernier pouvait faire reculer l'autre avec seulement son ventre ou deux doigts. Poussée par la curiosité, j'allais questionner le jeune homme. Je lui demandais alors pourquoi il lui avait été impossible de bouger le maître et il répondit que plus il poussait, plus son ventre devenait dur. Ensuite, je lui demandais s'il avait eu la même sensation lorsqu'il fut repoussé en arrière et il me dit alors que le ventre de Wang xiangzhai n'était pas devenu aussi dur lorsqu'il avait été repoussé. Pourquoi n'avait-il pas cherché à ce moment à le pousser subitement plus fort ? Il me dit qu'il avait bien essayé mais sans résultat. Et lorsque je lui demandais ce qu'il avait ressenti quand il fut repoussé par les deux doigts du maître, il me dit que ses deux doigts étaient durs comme de l'acier et rentraient littéralement dans son foie, il lui était donc impossible d'y résister."

Comme madame Mi jingke ne parvenait toujours pas à comprendre ce qui s'était passé, elle demanda à un ancien élève qui avait longtemps pratiqué le tanglangquan (boxe de la mante religieuse).

Celui-ci lui répondit simplement : "as-tu jamais entendu le maître parler de l'équilibre ? "

lundi 22 septembre 2008

the origins


In the establishment of his teaching and all along his life, Wang xiangzhai has been in constant research of his ancestor's knowledge, those men who created the chinese martial art. He did study always more and more to understand this ancient knowledge, considered in China as supperior to the contemporary.

More than a great martial artist, Wang xiangzhai was a great historian and theorician of the arts and traditions of China.



Wang xiangzhai, great master, historian et theorician of martial art





Many expressions and many terms used in his teaching are coming from lost ancestral knowledges that he did use back again.

As an exemple, in the book "Everything about xingyiquan art" (Xingyiquan shu daquan) written by a group of experts in this school, we can find this paragraph on the practice of zhanzhuang :

"The standing postures of xingyiquan were called, in the ancient school of xinyiquan, "meridian posture" (ziwuzhuang) or "three wholes posture" (sancaizhuang).
The expression ziwuzhuang is refering to the zi caracter, wich stand for midnight - moment when the yin is at his maximum - and to the wu caracter, wich stand for noon - moment when the yang is at his maximum. The importance of this posture is suggested in its name : it must be practiced "from noon to midnight" !



Yiquan's ziwuzhuang stance by Li jianyu





Moreover, in the chinese tradition, noon is a reference to the south and to the fire, while midnight is a reference to the north and to the water. When practicing, it should be facing the south and back to the north, while mixing fire and water with the intention...

...In the ancient xinyiquan, the ziwuzhuang method goes with two steps. During the first step, man practice the accumulation of qi in the dantian using the monkey stance, also called "squatting the monkey" (dunhouzhuang). During the second step, man learn how to "squirt out from the dantian" (shedantian). This practice consist in a steping method forward while doing the "sound of thunder" (leisheng, the name used for the emission of sound in the old xinyiquan) that teaches how to make the qi flow out from the dantian. Dai longbang and his son did both put a lot of importance on the dantian practice."



"Squatting the monkey" by the xinyiliuhequan master Wang yinghai




The linking of the three body parts (santi) wich are the legs, the trunk and the arms, goes by three majors articulations, designated in the Dai style of xinyiquan as "the three curves".

Those three parts unified correspond to three of the six harmonies (liuhe) : the three external harmonies.


(To be continued...)

samedi 20 septembre 2008

La vie d'un grand maître : Wang peisheng (quatrième partie)

Maître Wang peishen fut envoyé, avec ses amis les maîtres Gao et Zhao, dans une prison du nord de la Chine où les conditions de détention étaient particulièrement difficiles. Après quelques années, alors que les deux experts qui l'accompagnaient avaient quitté ce monde dans la fleure de l'âge, maître Wang arrivait à survivre malgrès une santé très amoindrie.
Parcequ'il était d'une consistance naturellement robuste et parcequ'il continuait ses pratiques de qigong en cachette, il arrivait à tenir le coup. De plus, l'hopital local était très éloigné et peu fourni en médicament et, comme Wang peisheng avait une solide connaissance de la médecine traditionnelle, il avait l'habitude de soigner les gens de la prison, y compris certains officiels qui y travaillaient et certains gardiens. Ceci lui valu finalement un traitement de faveur qui lui permit de ne pas être exposé aux travaux les plus durs en hivers, période pendant laquelle les détenus avaient l'habitude de partir loin en forêt sous la neige pour y couper des arbres à la hache.
Les murs de la prison séparait le monde en deux : à l'intérieur, le temps passait lentement mais à l'extérieur, les choses changeaient vite.



Wang peisheng, avant d'être emprisonné


En 1979, le maître Wang peisheng fut officiellement relaché et pu retourner à Pékin dans sa famille. Il avait perdu beaucoup de choses pendant ces années mais il était toujours en vie et son gongfu était toujours en lui. Il découvri à sa sortie de grands changements et appri la mort ou la fuite de nombreux de ses amis. Les jeunes gens n'avaient aucune idée de qui il était et, comme son nom était toujours sur les listes de suspect anti-révolutionnaire, ses soucis n'étaient pas encore terminés. Mais son esprit était plus fort et il avait appris beaucoup de choses sur la vie. Il s'évertua alors à mettre en avant son niveau pour reconstruire sa réputation, il avait alors 60 ans...


Wang peisheng, dans les années 90





Après quelques quelques stages privés donnés à ses élèves, il commença à enseigner dans des stages ouverts au public et à donner des démonstrations. En 1981, il gagna une médaille d'or aux championnat de Pékin pour sa pérformance à l'épée Taiji. Puis, il commença une classe télévisée sur les principes du taijiquan et les capacités véritables au combat. Il fut ensuite invité par le gouvernement à être juge officiel dans les championnats nationaux et c'est au championnat de Chine de 1982 qu'un incident eu lieu...

La culture chinoise a toujours influencé la société japonaise depuis toujours et y compris dans les arts martiaux. Une des association les plus liée à la Chine et à sa culture est la Nippon shorinji kempo association, qui signifie "association japonaise de boxe shaolin". Cette association est une des plus importante au Japon par le nombre d'adepte. A cette époque en Chine, l'art martial n'était pas particulièrement bien représenté et les japonais, de par leur nombre d'adeptes, se sentaient les derniers portes drapeau de l'art martial chinois. Lors de leur huitième voyage en Chine, pour les championnats nationaux en 1982, ils firent une démonstration de leurs techniques, après quoi, comme ils l'avaient déjà fait précédemment, ils défièrent les chinois en combat réel. La fois précédente, personne n'avait relevé le défi et les japonais en avaient déduit que le temple de shaolin demeurait en Chine mais que son art martial se trouvait désormais uniquement au Japon.





Extrait du reportage de la BBC datant des années 80 sur le Shorinji kenpo, explication sur la pratique du embu et démonstration de Yamazaki sensei





Ceci avait rendu le gouvernement chinois très en colère et honteux. Il cherchait donc désespérément un expert capable de les défaire à coup sûr. Mais les plus jeunes n'en étaient pas capable. Quand aux plus anciens, ils étaient déjà trop vieux ou pas intéressé par ce genre de défi. La délégation japonaise était glorieuse : leurs démonstrations en embu (enchainement de combat à deux) étaient en contraste avec le wushu moderne, ça semblait dur, ça semblait vrai, c'était donc extrêmement intimidant, mais, cette fois-ci, les japonais trouvèrent quelqu'un pour répondre à leur défi. Auparavant, Mao behou, un officiel qui s'occupait des arts martiaux au gouvernement et qui connaissait le niveau de Wang peisheng, lui avait demandé s'il serait capable de relever ce genre de challenge et Wang avait simplement répondu : "Pas de problème !"

La rencontre eut lieu dans une salle de conférence. Il y avait plus de dix japonais présents. Maître Wang peisheng était accompagné de Ma jinlong, son élève et chef de file du style Li de taijiquan. Un interprète présenta tout d'abord chaque expert puis expliqua aux japonais que Wang peisheng était un maître du taijiquan. Les experts japonais se regardèrent avec deception car ils avaient souhaité rencontrer un expert qui soit capable de les affronter dans un vrai combat et, pour eux, le taijiquan était bon pour les vieillards et les personnes fragiles. Le responsable de la délégation japonaise dit alors : "Nous avons entendu parler du taiji, dans notre pays beaucoup de gens le pratique mais c'est juste bon pour la santé."

Maître Wang, vexé, garda son calme et expliqua que le taijiquan représentait le plus haut niveau de principes de l'art martial et que quelqu'un qui ne pouvait pas le comprendre ne comprenait simplement pas l'art martial. Puis il leur expliqua certains principes du taijiquan. Puis il dit que s'il était capable de l'expliquer, cela signifiait qu'il était capable de mettre en pratique ses explications. Il demanda alors aux japonais de lui désigner le meilleur de leur combattant. Yamazaki sensei, vice-responsable du hombu dojo, se leva alors et l'affrontement commença. Il saisi le poignet de maître Wang et le vrilla en clef de poignet tout en frappant son avant bras du tranchant de l'autre main. Ses mouvements étaient si rapides que personne ne réalisa alors que l'affrontement venait de commencer. Wang peisheng resta très calme et, d'un mouvement subtil, brisa l'équilibre de son adversaire au premier contact puis, d'un mouvement fluide et continu, enchaina avec une clef de poignet et une frappe simultanée qu'il porta sur le bras du japonais. Celui se retrouva au sol où Wang peisheng continua de le controler. Maître Wang souria et dit que c'était très simple à faire. Puis il aida Yamazaki a se relever. Celui-ci essaya encore 6 autres fois. Une fois, il fut projeté vers le coin d'une table et Ma jinlong le repoussa dans le mouvement afin de lui éviter de se blesser. Une autre fois, il fut littérallement éjecté de la salle !







Wang peisheng explique les principes du taijiquan dans l'application de la force lors d'une conférence





La délégation japonaise fut extrêmement surprise et changea immédiatement d'attitude. Ils dire que c'était leur huitième voyage en Chine et que c'est cette fois qu'il avaient appris le plus de chose. Puis, après leur retour au Japon, ils firent paraitre un article dans lequel ils expliquaient cette rencontre ainsi que la vie de Wang peisheng. Il élirent également Wang peisheng comme un des dix plus grand artiste martial vivant.

lundi 8 septembre 2008

Témoignage sur Wang xiangzhai : Mi jingke (première partie)

En 1954, Mi jingke, apprend qu'elle souffre de problèmes de vue importants. Ceux-ci lui empêchent toute activité et l'oblige au repos total. A cette époque, la capacité de son oeil droit est de 0,1 dixième et, pour son oeil gauche, de 3 dixièmes. Les différents hopitaux qu'elle fréquente à l'époque à Pékin n'arrivent pas à résoudre ni à trouver l'origine du problème.

En 1957, des connaissances lui proposent de l'emmener au parc Zhongshan apprendre le zhanzhuang. Ayant pratiqué les arts martiaux dans son enfance, elle accepte alors la proposition. Lorsqu'elle arrive sur place, plus de 200 personnes s'y entraînent, les bras levés haut pour certains, plus bas pour d'autres, certains autres encore ayant les mains dans le dos. Au milieu, une personne d'environ soixante dix ans les corrige dans leurs postures. Lorsque Mi jingke demande de qui il s'agit, on lui répond : "C'est maître Wang xiangzhai."

Plus tard, une de ses amies l'emmène voir le maître pour lui présenter. Elle lui explique alors ses problèmes de vue et Wang xiangzhai la place dans une posture. Mi jingke reste 20 minute sans bouger avant que le maître ne revienne la voir. Il lui dit alors : "Ta vue est mauvaise, je vais te guider un peu." Et, tout en lui parlant, le maître Wang xiangzhai place ses mains dans le dos de la nouvelle élève, exécutant quelques mouvements pour "la guider".

Mi jingke explique dans son livre qu'à ce moment, elle ressentit une grande force et un profond relâchement dans tout son corps. Elle resta alors 20 minutes supplémentaires dans la posture avant que le maître ne revienne la voir et recommence les mêmes gestes. Bien que fatiguée par la posture, éprouvante, lorsque le maître passe ses mains dan le dos de Mi jingke, celle-ci éprouve, à nouveau, un grand relâchement et une force nouvelle, qui lui permettent de tenir la posture encore 15 minutes supplémentaires.




Wang xiangzhai, au parc zhongshan dans les années 50






Après la pratique, en rentrant chez elle ce jour là, le soleil ne l'aveugle pas comme d'habitude.

Mi jingke avoue dans son livre que, les pratiques de yangsheng n'étant pas très connues en cette époque des années 50, elle n'a pas voulue croire de suite au bien fondé du zhanzhuang, bien qu'ayant, en fait, resssenti les premiers effets de l'entraînement dès le premier jour...

Mais elle avait tout de même trouvé étrange cette façon dont le maître Wang xiangzhai l'avait éffleuré avec les mains et que cela ait pu avoir un effet bénéfique sur sa vue.

Après avoir parlé de ses doutes avec sa famille et ses amis, ceux-ci lui conseillèrent de continuer cette pratique, même si elle n'y croyait pas trop puisqu'elle lui faisait du bien.

A partir de ce moment, Mi jingke a donc commencé à pratiquer sérieusement et a décidé que si le maître lui demandait de s'entraîner 3 fois par jours, elle suivrait ses conseils sans broncher. Elle ne serait satisfaite que lorsqu'elle aurait retrouvé une vue correcte. Et, lorsqu'elle parvint, après quelques temps, à "concentrer son esprit et fixer son attention", comme lui demandait de le faire le maître, sa vue s'était déjà quelque peu améliorée...






Mi jingke, en posture jijizhuang





Elle se posait encore, cependant, des questions sur ce type de guérison ainsi que sur le maître Wang xiangzhai. Elle décida donc un jour de poser quelques questions à une autre élève, plus avancée, lui demandant, nottamment, si le maître était taoïste. Comprenant immédiatement le sens de sa question, l'élève lui répondi que le maître était plutôt dans la pratique taoïste du poing et de la paume. Lui expliquant, alors, que Wang xiangzhai était un maître de l'art de la boxe et que là était son taoïsme. Elle lui dit également que ceux qui pratique la boxe ne croient pas aux esprits et aux mystères, ni aux fables et au charlatanisme.

Au bout de 4 mois, les yeux de madame Mi jingke avaient récupéré 4/10e et 9/10e. Elle pouvait à nouveau lire, écrire et donc recommencer à travailler à sa plus grande surprise !

Sans comprendre comment elle avait pu être guéri par le zhanzhuang au bout de quelques mois alors que tous les hopitaux de Pékin qu'elle avait fréquenté avaient été sans remède, elle continua à s'entraîner chaque matin au parc zhongshan avant d'aller travailler.

Elle posait souvent des questions au maître, essayant de comprendre, mais les réponses étaient toujours les mêmes : "Arrêtes de poser des questions, si je te répondais tu ne comprendrais rien. Pratiques et tu comprendra par toi même !" Et il parlait alors de choses dont elle ne saisissait rien, comme s'il s'adressait à elle en une autre langue.

Un jour ou elle regardait deux camarades pratiquer le tuishou, elle voulu également essayer et le maître l'apperçu. Il lui demanda alors ce qu'elle était venu apprendre. Mi jingke répondit qu'elle était venu pour soigner sa vue mais qu'elle aimerait également en apprendre plus. Le maître lui dit à ce moment : "Ta cessité occulaire a diminué, mais tes yeux ont-ils maintenant du gongfu ?" Tant que tu n'aura pas développé une habilité, continue de pratiquer le zhanzhuang et ne suit pas les idioties des autres ! "

Elle se demanda alors s'il était possible de développer du gongfu avec les yeux. Et, finalement, elle repris son entraînement habituel.

Quelques jours plus tard, lorsque le maître Wang xiangzhai lui demanda à nouveau si ses yeux avaient maintenant du gongfu, elle lui demanda quel genre de gongfu on pouvait developper avec les yeux. Cette fois ci, le maître lui expliqua quelques méthodes d'entraînement ainsi que leurs sens :

"A partir de demain, tu va pratiquer tous les jours aux aurores pendant une demi-heure les yeux fermés. Ensuite, tu vas ouvrir grand les yeux et, tout en les gardant relâché, tu vas fixer un arbre devant toi. Tu dois pratiquer jusqu'à ce que tu ressentes que tu es connecté au Qi de l'arbre. Lorsque tu parviendra à ce stade, tu auras ouvert les portes du grand gongfu ! "

A l'époque, Mi jingke ne compris pas l'expression que le maître avait employé pour parler de l'énergie de l'arbre (daqi = le grand qi). Il lui expliqua alors qu'il s'agissait, en fait, de l'oxygène qu'expulse l'arbre dans l'air.







Mi jingke, en posture zhanzhuang les yeux fermés






Madame Mi jingke s'est demandé, à ce moment, s'il était véritablement possible de voir l'oxygène sortir des feuilles des arbres !

Le lendemain, elle s'entraina donc très dur face à un arbre mais ne vit, bien sur, rien du tout. Elle se demanda alors si elle avait bien compris les propos du maître et alla voir une autre élève, plus avancée, pour lui demander son avis. Celle-ci lui répondit qu'elle n'avait jamais vu cela mais que si le maître Wang xiangzhai lui avait conseillé de pratiquer de la sorte, elle devait le faire et persévérer car tout ce qu'il disait avait un sens. Ainsi, elle s'entraîna de cette façon sans vraiment y croire.

Après encore quelques mois à ce régime, alors qu'elle s'entraînait un matin au parc zhongshan près de Houhai tournée vers le nord, le yeux fermés, elle ouvrit lentement les yeux après une demi-heure de pratique et percevit enfin un voile entourant l'arbre.

Maintenant, son problème était de se sentir connecté à celui-ci. Elle retourna donc demander son avis au maître. Celui-ci lui expliqua à ce moment comment utiliser les yeux pour, petit à petit, "tirer" le qi de l'arbre et le renvoyer, en utilisant l'intention. Après un court temps de pratique, elle arrivait à avoir cette sensation et s'en alla le raconter au maître qui en fut très content.



Wang xuanjie, à l'age de 28 ans, pratiquant la posture "tenir un bébé" en tirant et poussant avec tout le corps et les yeux



samedi 6 septembre 2008

L'art martial traditionnel et le combat libre


L'art martial traditionnel est souvent défini comme étant un art du combat. Et cette définition n'est pas tout à fait fausse si l'on s'en tiens à l'éthymologie de l'expression "art martial" (art : talent ; martial : guerrier).

Cela étant dit, techniquement, une confusion est souvent faite entre le combat et l'auto-défense : L'auto-défense, ou self-défense, est l'art de savoir se protéger et est uniquement constitué de techniques de défense. Le combat, lui, est un affrontement librement consenti par les deux opposants et comporte donc des techniques d'attaques aussi bien que de défense, ainsi que des feintes...

L'art martial traditionnel est essentiellement tournée vers l'auto-défense. Les pratiquants désirant entreprendre une préparation au combat doivent donc :

- Développer leur habilités par des exercices supplémentaires (nottamment des exercices cardio-respiratoire).

- S'apprêter à être vaincu.

Or, les différentes écoles traditionnelles enseignent un art de défense et non un art de combat. Historiquement, en Chine, seule la lutte permettait un affrontement librement consenti.

La sévère critique qu'avait faite Zhao daoxin, disciple de Zhang zhaodong et de Wang xiangzhai, ancien compétiteur du championnat de Chine de Leitai, sur l'inéfficacité des arts martiaux chinois au combat est plutot fondée puisque ce type de combat ne peut exister que dans sa forme compétitive. L'art traditionnel n'étant pas un art sportif, donc pas un art de compétition, il lui est difficile de s'y adapter. Les premiers élèves du fondateur du yiquan avaient quasiement tous un bagage sportif martial et beaucoup furent des compétiteurs : Zhang changxin et Bu enfu furent des champions de boxe anglaise (en plus d'un champion de Chine de lutte chinoise en ce qui concerne Bu enfu).






Bu enfu, enseignant la boxe anglaise





Zhao daoxin, quand à lui, excellait dans de nombreux sports et avait participé, avec Gao zhendong et Zhang entong, au "premier championnat de chine de l'art national" en combat. Ce tournoi s'était déroulé dans des règles similaires à ce que l'on trouve de nos jours en MMA, combat au sol hormis...






Zhao daoxin pratiquant le mouvement xiazhang du bagua






Le monde qui sépare les arts tournés vers le combat de compétition des arts traditionnels est vaste. Les objectifs de la pratique sont également différents. L'école traditionnelle insistent souvent sur la préservation de la santé et l'entretien de la forme physique sur la durée d'une vie. Cette idée est issue des origines historiques des arts traditionnels : La survie des militaires sur un champs de bataille. De cet objectif est resté l'idée de survie puis l'idée de préservation.

Les arts de compétitions sont tournés vers un objectif précis, à une date précise, dans un cadre précis et n'ont que faire de la préservation sur le long terme.









Mr Sayama, un des personnages à l'origine du MMA (créateur du shootfighting), en visite au wuguan de Wong shunleung en 1985, notez le fossé qui sépare les deux artistes martiaux





Dans son interview, Zhao daoxin préconise une pratique du combat régulière. Celle-ci doit permettre de garder la tête froide et de ne pas s'éloigner de la réalité du combat, les pratiquant de traditionnel de longue dâte se croyant souvent invincible alors qu'il ne se mesure jamais à personne...









Un expert japonais de jiujitsu ayant défié, pour 5000 dollards, n'importe quel combattant de MMA s'est vu infliger une sévère punition





Certains des premiers élèves de Wang xiangzhai parlent de "combat réel" (shizhan) dans leurs ouvrages écrits. C'est le cas de Dou shiming, disciple du fondateur et auteur de nombreux textes.
Dans son texte intitulé "shizhan" (combat réel / véritable), bien que la définissant comme la partie la plus importante de la pratique après les bases, il ne parle que de notions théoriques de distance et d'utilisation de la force du corps entier. Il cite les techniques utilisées en yiquan comme le coup de poing direct (zhiquan), le coup de poing en remontant (zuanquan) et le martèlement vers le bas (zaiquan) et les décrit en détails. Expliquant que le force doit être droite avec une forme courbe, que les directions opposées doivent se compléter dans l'action en tirant et poussant simultanément, il ne semble pas parler d'entraînement au combat mais plutot d'auto-défense...






Dou shiming, disciple de Wang xiangzhai, en jijizhuang




Est-il donc possible d'introduire une pratique du combat constructive dans la pratique du yiquan ou des arts traditionnels ?

Les règles mises en placent pour structurer les combats prennent souvent un ascendant sur la pratique technique et orientent la forme afin de la favoriser vers la compétition. On peut voir, par exemple, de nos jours des gardes de pratiquants de MMA radicalement différentes des gardes de boxe anglaise, qui ne sont, finallement, utilent qu'avec le port des gants.



Entraînement du champion de MMA randy Couture à plus de 40 ans


L'évolution de la pratique étant en rapport avec la motivation à l'origine de celle-ci, les combats quasi-libres que l'on peut voir en MMA sont, certe, très proche de l'affrontement réel, mais dans quelles conditions ? Un combat à un contre un sur une surface plane et délimité, sans limite de temps, doit certainement constituer une situation probable de la vie courante mais les professionnels de la sécurité savent très bien que dans la rue un énnemi n'est jamais seul et qu'un passage au sol, s'il est envisageable, ne doit pas s'éterniser sous peine d'entraîner de graves mises en danger...

Finalement, l'essentiel de la pratique est d'y trouver son compte et d'y prendre plaisir, chacun ayant des objectifs différents !